Le suicide à Aokas et Tizi - n'Berber.

Publié le par Samir REKIK

Le-suicide-a-Aokas.jpgQui sont ces personnes qui se sont donné la mort à volonté à Aokas et Tizi – n’Berber ?

Kamel, l’amoureux ;
Rachid, l’alcoolique ;
Taklit, la mère célibataire ;
Taous, la violée ;
Katrine, l’harcélée au travail ;
Aldjia, la battue ;
Bachir, le toxicomane.

A entendre, les histoires de Kamel, Rachid et Taklit.

L’amoureux :
Kamel, la trentaine d’années, instruit, fonctionnaire dans une boite étrangère à Bejaia, réside à 10 Kms d’Aokas et fou amoureux de sa fiancée Souad depuis 04 ans.
Cette charmante et ravissante fiancée est étudiante à l’université de Bejaia, elle habite à 05 Kms d’Aokas … Ce qui lui permet d’y procurer une chambre universitaire.

Son fiancé s’est ruiné pour elle : Or, vêtements à la mode, trop de fréquentation de salons de thé de classe, trop de sorties …
Un jour, Kamel – le naïf amoureux – a décidé de rendre visite à Souad à son lieu de résidence universitaire – Targua Ouzemour –
Il était 21 heures, en ce jeudi 16 novembre 2006. A son arrivée, il (Kamel) demande à une passante (Extra ? Résidente ? Peu importe !!!) : « Pourriez – vous me rendre un service, Mademoiselle ? »
« Oui, bien sur » répond la passante !
Kamel : « Demandez à la chambre A 25, ma fiancée Souad », « Ok ! » répond la passante.

Quelques minutes plus tard, la passante revient et lui dit : « Désolée, mais votre fiancée n’est pas dans sa chambre … », « Merci, Mademoiselle » répond Kamel.

D’un coup, une idée lui vient dans la tête, faire un petit tour des alentours du « love street » pour y rafraîchir un peu sa téte – Une manière de tuer le temps –
De passage du « love street », Kamel – le naïf amoureux – entend à deux pas de lui des gémissements – sûrement de ceux d’un couple entrain de profiter du beau temps !!!

Curieux !!! Kamel s’approche de la scène « des gémissements », incroyable mais c’est – vrai !!! Il découvre sa fiancée avec une personne étrangère, un type d’une quarantaine d’années la …

Le virtuel devient réalité, la réalité devient virtuelle, l’incroyable devient vrai, le réel devient fiction …NON !!! NON !!! Tout est vrai, Souad a trahie Kamel…

Subitement, Kamel prend une dépression et y tombe par terre.
Dix jours passés à l’hopital d’Amriw – avec perte de connaissance –
Une fois rétablie « physiquement », ce pauvre trompé par sa fiancée se dirige vers son lieu de résidence, il procure une corde et s’y donne la mort à quelques pas du jardin de son voisin Belkacem.

Qui est responsable de cette tragédie ?
Le fiancé où la fiancée ? Evidement, la fiancée, me diriez – vous !!!?

Oui, mais qui a poussé la fiancée à commettre l’irréparable ?
Moi, tchikov, Lyes, Salim ?

Non !!!
Que vont répondre ces sus – nommés ?
Par hasard :
Moi : « Le manque d’éducation de la fille » ;
Tchikov : « C’est la faute à la société » ;
Lyes : « C’est la faute à l’université » ;
Salim : « C’est le matérialisme qui a poussé la fiancée à commettre l’irréparable » ;

Passons au réel :
N’as – t’on pas une part de responsabilité, nous les responsables du mouvement associatif, les enseignants, les voisins, les membres de la famille… ?

OUI !!! Nous ?
Oui … Ooooooooui !!!
Toi, l’enseignant, l’intellectuel, l’instruit, le sage, tu as ta part de responsabilité !!! Au lieu d’aider Souad, tu ne t’occupes que toi et tes cours.

Toi le responsable de telle association !!! Au lieu de passer ton message d’un bon éducateur et d’un formateur exemplaire, tu passes ton temps à faire la cour à tes charmantes adhérentes dont Souad.

Toi, le voisin, le jaloux, le sadique, le sois – disant instruit du village : Au lieu de donner des conseils à cette malheureuse fille, tu passes ton temps au café maure du coin à jouer du dominos… Oh ! Le pauvre instruit !!!

Toi, le membre de la famille : Au lieu de faire des sauts à l’université pour s’enquérir de la situation d’un membre de ta famille à savoir : Souad – la fille de ton cousin – Tu t’occupes de la beauté de ta voisine de Sakina.
Mesurez – vous la gravité de votre laisser – aller ?
Sûrement, vous n’avez – pas de réponses tranchées.

L’alcoolique :
Rachid a la quarantaine, maçon de son état, père de 07 enfants ; dont l’aîné a 18 ans – exclu l’année dernière de l’école - et habite dans une maison de 02 pièces et un gourbi servant de cuisine. 01 pièce est utilisée par les 04 enfants et l’autre abrite Rachid, sa misérable femme et ses trois filles : Farida, Souad, Malika, respectivement âgées de 16 – 13 et 10 ans.

Lorsque la nuit tombe, Rachid – le père – trouve des difficultés pour y satisfaire sa besogne sexuelle (le devoir conjugal) ; à chaque …. (…) il met un chatterton sur la bouche de cette dernière, par crainte que ses trois filles entendent les cris … (…) de leur mère…

Vu sa situation sociale, misérable salaire, il a fait un dossier pour le logement social à l’A.P.C. d’Aokas … Mais … Sans espoir !!!

N’arrivant pas à subvenir aux besoins de sa famille, Rachid y fréquente les bars pour y soulager. Son aînée des filles, Farida, lycéenne de sont état, se prostitue. Sa femme se donne, dès fois, au voisin Si – Moh – Le sage du village – situé à 03 Kms sur les montagnes d’Aokas.

Le jour « J » est arrivé, par la bouche de certains informateurs de sa région, Rachid apprend que sa femme et sa fille, se prostituent afin d’y garantir leur survie – misère sociale oblige.

Ne pouvant plus croiser ses voisins, par honte, il embrasse l’alcoolisme – du matin au soir au bar situé à 100 mètres du Chef – lieu d’Aokas.

Malheureusement, son jour est venu. En effet, le 12 août 2008 à minuit, Rachid s’est donné la mort par pendaison aux alentours de son village.

Qui est responsable de ce drame ?
Les élus locaux, les informateurs, les voisins ?

Les élus locaux n’ont pas fait leur travail à savoir octroi d’un toit décent au défunt Rachid.

Les informateurs n’ont pas calmé le jeu. Au lieu de conseiller la fille prostituée (Farida), ils ont préféré détruire la cellule familiale.

Les voisins !!! Certains d’eux savent que la femme du défunt Rachid se prostitue avec le sage du village, en l’occurrence Si – Moh. Mais, ils ont préféré y garder le silence – complicité montagnarde oblige –

La mère – célibataire :
Au premier contact fait sous la conduite d’une voiture rutilante, Taklit, secrétaire d’une société, jeune célibataire d’un village distant de 02 Kms d’Aokas – naïve à toute épreuve – s’engage corps et âme avec son « bien – aimé ». Une certaine relation est née … (…) …
Ah ! Non !!!
Dommage, les jeux sont faits.
Et après !!!
Un petit corps commence à bouger dans le ventre de Taklit, puis arrive le jour de la honte et du déshonneur : « Eh bah ! Merde, il m’a promis de m’épouser … pourquoi n’aurais – je pas cru en ses promesses ? Une fois son forfait terminé, il a pris ses distances… »

Une fois son état révélé, sa famille ; partagée entre le déshonneur, la honte et la peur – la chasse après que son frère a failli la tuer.

La naïve Taklit, qui a encore de ressources, fuit chez une amies, un peu moins marginale qu’elle, ouis vint l’accouchement, dans la maison de l’une de ses amies … L’enfant inattendu est né … Fruit d’une relation secrète, baignée de rêveries qui se veut plus caressante et douce que la réalité cruelle. Fruit d’un acte animal et odieux …
Ne pouvant plus supporter ce déshonneur, Taklit met fin à ses jours, un vendredi matin du mois d’août de l’année 2008 à Aokas.

Qui est responsable de cet acte ?
Moi, Tchikov, Lyes, Salim, les autorités locale, la C.I.A. … ?

NON !!! NON !!! Et nooooooooooooon !!!
Misère, démission de certains parents et même démission du mouvement associatif et des partis politiques locaux !!! Tout cela a crée des conditions terribles qui ont poussé la défunte Taklit à se livrer à elle – même.

L’enfant conçu finira un jour où l’autre d’apprendre son, « illégitimité » qu’après. C’est – à – dire après avoir consulté son extrait de naissance.
Là, commence une autre histoire, une histoire de pardon ou de haine.

A titre d’information, l’article 40 du code algérien de la famille, loi N° 84 – 11 instauré le 09 juin 1984 stipule : « La filiation est établi par le mariage valide, la reconnaissance de paternité, la preuve, le mariage apparent ou vicié et tout mariage annulé après consommation » L’enfant né hors union matrimoniale est donc illégitime et la filiation naturelle est obligatoirement maternelle.

A travers ces récits « mises en scènes » fictives inspirés du réel, je dirais que les solutions les plus plausibles pour « au moins » diminuer les suicides à Aokas et Tizi – n’Berber sont :

Faire un bon toilettage de la région, c’est – à – dire :
Que les forces publiques y éradiquent la prostitution.
Que les étudiants en sociologie, en psychologie et en droit y s’impliquent dans les activités des associations culturelles et sociales pour y faire un travail social (Faire des cours de sociologie, psychologie …) à ceux qui le désirent – Généralement les associations enseignent aux adhérents (élèves) que les mathématiques, physique, chimie, philosophie –
Que chacun de nous y aide son voisin nécessiteux (prêt, donation…)
Que les élus locaux fassent leur travail correctement et honnêtement
Que chacun de nous y barrent la route aux opportunistes à commencer par son quartier au lieu d’y aller danser dans un autre quartier voisin.

Sûrement, le suicide sera diminué à Aokas et Tizi – n’Berber.

Samir REKIK
Publié le 18/11/2010
tizinberber@groups.facebook.com
le 25/01/2010
http://aokas.dzblog.com/article-35472772.html
Mois de mai 2006, édition N° 01 de la revue Lumière - Tafat
http://lumiere-tafat.ifrance.com/evenement.html
 

Publié dans Société

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kaci boudjadja 05/04/2011 16:37



Bonjour,


Je suis content de lire ce genre d'articles, vous êtes en train de diagnostiquer les maux de notre société. Vous avez commencer un excellent travail; l'inplication de chaqu'un de nous est
impérative.


Pour terminer,je me pose la question suivante: Est-ce normal qu'il n' ya aucun psychologue à Aokas ?


Vu le record de suicides, la prévention est nécessaire.


Merci