Le chant d'espoir de Salima Aït-Mohamed

Publié le par Sebastien BOTELLA [nicematin.com]

Salima-Ait-Mohamed.jpgLittérature Exilée en France depuis quinze ans maintenant, la poète kabyle dresse un état des lieux de la démocratie dans son pays d'origine Elle a le regard noir. Charbonneux. Patriote discrète et battante dans l'âme, l'ex-journaliste algérienne Salima Aït-Mohamed, était mardi soir à la chapelle Saint-Michel, à l'invitation du Festival TransMéditerranée et de la Maison de la Poésie. Dans le cadre du 12e Printemps des poètes, elle a lu des extraits de son livre « D'Alger et d'amour ». Près de 17 ans après la mort tragique de son mentor, l'écrivain Tahar Djaout en mai 1993, victime d'un attentat islamiste, Salima, qui vit aujourd'hui à Opio, dresse un état des lieux de la situation politique et économique en Algérie et revient sur la problématique de l'intégration sur le sol français.

 

Vous avez quitté l'Algérie en 1995. Comment avez-vous vécu cet exil ?

Ca a été terrible. J'ai été arrachée à ma famille, à mes racines. Mais on n'avait pas le choix. Il fallait partir ou mourir. Au journal Algérie Actualité, on avait un regard juste et lucide sur la société algérienne. L'intégrisme religieux ne voulait pas de nous. Et ça arrangeait le pouvoir de l'époque, qui se débarrassait de sa seule opposition.

Mais ce qui me réjouit le plus aujourd'hui, c'est de voir qu'on a tous rebondi et qu'on est restés écrivains.

 

Votre avis sur la poussée de l'extrême droite en France ?

Ça prouve que la démocratie est en bonne santé... Quand il y a un vrai malaise économique, les gens ont tendance à se tourner vers les extrêmes. La liberté d'expression n'est jamais acquise. Même si des lois protègent les minorités, les problèmes de racisme ne sont pas pour autant résolus.

 

Faut-il légiférer sur l'interdiction du port de la burqa ?

Étant laïque, je trouve que cette proposition de loi est une bonne chose. Mais il ne faut l'appliquer que sur la voie publique. Chez soi, on fait ce qu'on veut, mais en pleine rue, ça me choque. Autant que ces filles qui sont mariées de force.

 

Votre point de vue sur la situation actuelle en Algérie ?

Il y a de plus en plus de femmes dans les médias, à l'assemblée. Elles sont députées, ministres, chefs d'entreprises. Mais il y a encore beaucoup d'efforts à faire en matière de liberté. C'est un travail monumental que d'installer une véritable démocratie. Ca ne se fera pas en un jour, mais c'est en bonne voie. Les intellectuels rejetés dans les années 90 ont aujourd'hui leur place au salon du livre d'Alger.

 

Et l'écologie ?

Les écologistes sont insignifiants dans le paysage politique actuel et cette question n'est pas une priorité pour le gouvernement. Il n'y a aucune charte, ni réglementation.

Personne n'est affecté par l'urbanisme à outrance, la mauvaise gestion des déchets, la pollution des eaux. C'est très inquiétant...

 

Vos projets personnels ?

Je suis en train d'écrire un roman.

Il devrait être publié à la fin de l'année. C'est une histoire d'amour entre une jeune algérienne et un français. À travers ça, j'essaye de véhiculer mon espoir de réconcilier ces deux peuples.

C'est nécessaire et les politiques ont tout intérêt à travailler là-dessus.

 

 

SEBASTIEN BOTELLA

nicematin.com

http://www.nicematin.com/article/grasse/le-chant-despoir-de-salima-ait-mohamed

Publié le jeudi 25 mars 2010

Publié dans Politique

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jacques SUCHET 06/03/2011 12:04



il faut en finir avec ces coutumes barbares excision -infibulation..


 


c'est pour cela que j'expose ma stratégie de combat dans mon blog


 


www.olympic.business.over-blog.com


 


amities Jac



jacques SUCHET 06/03/2011 12:00



il faut en finir avec ces coutumes barbares excision -infibulation..


 


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