Femme algérienne : être politique

Publié le par www.algerie-femme.com

femme-algerienne-voilee.jpgLa victime, la mineure à vie, l’exclue de la société… ce sont autant de qualificatifs qu’on accole à la femme dans les pays musulmans.

 

Le diktat de l’homme dans une société qui a préservé intactes ses structures patriarcales, organisée autour du patriarche et au nom duquel se transmettent à travers les générations les héritages matériels et symboliques ne laisse pour ainsi dire que peu de place à la femme. Pour autant cette apparente  «absence» du pouvoir féminin n’est qu’un leurre. Car en réalité dans ces sociétés où la naissance d’un enfant de sexe féminin était pourtant vécue comme un drame, les mères exerçaient en contrepartie un pouvoir tyrannique sur les garçons. Un pouvoir d’autant plus tyrannique que l’amour liant le garçon à la mère est d’ordre quasi fusionnel, de sorte que devenu adulte, l’enfant se pliera à l’opinion de sa mère pour le choix de son épouse et celle-ci se pliera à la loi de sa belle-mère quant à la bonne tenue du ménage.

C’est à la mère qu’on compare la patrie et c’est à la mère que les militants berbéristes compareront la langue berbère. Il est significatif qu’al âarabiyya ou tamazight soient consacrées femmes. On a aussi assez épilogué sur l’exclusion de la femme de l’espace public et de la gestion de la cité dans la société traditionnelle. Seul l’homme était admis aux assemblées villageoises ou tribales, or on a passé sous silence le fait que les grandes décisions annoncées au niveau de réunions de mâles se prenaient dans les foyers et que les maris en pareille circonstance ne pouvaient se passer de l’avis de leur femme. La division espace domestique – celui des femmes et espace public celui des hommes – ne recoupait pas une division réelle. Ce détour par le système patriarcal atteste que la revendication féministe n’est pas une lutte qui se fait ex nihilo.

Considérée jadis comme une bouche de plus à nourrir, la scolarisation et le salariat lui ayant conféré aujourd’hui un pouvoir économique dont nul ne pourrait nier l’importance, la femme s’est retrouvée aux premières loges du développement social et politique. Des hommes mariés à des femmes salariées – médecins, ingénieures etc., s’étant retrouvés entre temps au chômage, ont avoué qu’ils ont enduré des situations semblables à celles qu’avaient vécues nos grands-mères. Souvent logeant chez leurs épouses qui, elles, ont des revenus conséquents, au moment de rentrer chez eux, ils sont gagnés par l’angoisse d’être «répudiés», redoutant de s’entendre dire comme autrefois les femmes stériles devant leurs maris, qu’ils ne donnent pas assez satisfaction et que par conséquent, ils devraient se séparer. Disons que le code de la famille est l’expression d’une tentative de préservation par la voie juridique de l’ordre patriarcal. Son obsolescence est à vrai dire consacrée par les exigences mêmes de la modernité. Les islamistes en général et les conservateurs en insistant sur le port du voile, au-delà du contrôle de la sexualité qu’ils veulent instaurer par la polygamie notamment, visent à recréer ce lieu imaginaire où la femme derrière un rideau se dérobe au regard des hommes. Si l’objectif ainsi visé est le contrôle de la distribution du travail, nombre de femmes salariées, si elles paraissent s’y plier, n’en font pas moins une

«tenue de travail» en continuant d’assurer le plus normalement du monde leurs activités professionnelles. Ayant pris la mesure du changement, l’Etat algérien, même sous la pression des forces conservatrices, est soucieux de fournir la preuve de sa modernité. Et à notre sens la question de la représentativité de l’élément féminin dans les instances élues et gouvernementales – si insuffisantes qu’elles demeurent –  est ce qui traduit le mieux ce souci de consacrer politiquement la femme algérienne.  

     

Larbi Graïne
Source : Le jour d'Algérie

 

site :

http://www.algerie-femme.com/actu/dossiers/dossier-160-femme-algerienne-etre-politique.html

08/03/2008

Publié dans Politique

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fermaton.over-blog.com (Clovis Simard,phD) 02/11/2011 17:00



Blog(fermaton.over-blog.com)No-26, LA FEMME--L'AVENIR DE L'HOMME?



JACQUELINE/Mina 02/03/2011 21:33



Beau blog pour un combat difficile! De tout coeur avec vous!


Heureuse de vous accueillir dans ma communauté!