2010, Nabila DJAHNINE a été assassinée il y a quinze ans.

Publié le par http://famalgeriennes.free.fr

Nabila-DJAHNINE.jpgLe 15 février 1995 Nabila Djahnine, 30 ans, présidente de l’association Tighri Net Mettout (Cris de femmes en tamazight) est assassinée en pleine ville à Tizi Ouzou. Ce crime ampute le mouvement indépendant des femmes en Algérie d’une figure emblématique.  

En effet, Nabila est une militante active dans l’opposition aux structures officielles qui entravent les libertés publiques. Etudiante elle a animé les comités pour un syndicat autonome et démocratique, participé aux ciné-clubs, lieux de débats autour de la situation faite aux femmes en Algérie dans les années 1980. C’est autour de ce noyau que vont être rassemblées les femmes qui constitueront l’association Tighri Net Mettout en 1989.

 

Pourquoi tuer Nabila ? Parce qu’elle est le symbole des luttes des femmes pour l’égalité et la liberté. Militante intègre elle n’a jamais relâché la dénonciation des oppressions du pouvoir politique qu’il s’agisse de la défense des étudiants, de la reconnaissance officielle de la culture berbère au MCB (Mouvement pour la Culture Berbère) ou du combat politique au sein du  PST (Parti Socialiste des Travailleurs). Après le soulèvement de la jeunesse en octobre 1988, le pouvoir algérien, sous la pression des multiples organisations, politiques, syndicales, de femmes et culturelles, est contraint d’entrouvrir la scène politique. Infatigable, elle lutte pour le changement en liant les questions sociales aux questions politiques. Nabila, qui milite pour l’abrogation du code de la famille et pour des lois égalitaires, est en porte-à-faux avec un pouvoir qui a promulgué cette loi discriminatoire et avec les islamistes qui par la force veulent imposer aux femmes leur diktat pour limiter leurs possibilités d’études, de travail et d’action. Malgré le climat de terreur généralisée qui règne en Algérie, les libertés publiques inexistantes, elle continue de dire son refus de l’oppression et son espoir dans une Algérie plus juste où les femmes ne seraient plus sous le joug de lois et d’une société patriarcales.

 

C’est pourquoi, en ce 8 mars 2010, quinze ans après l’assassinat de Nabila, APEL-Egalité lui rend hommage encore une fois avec le film de Habiba Djahnine « Lettre à ma sœur » où l’on découvre toute la richesse de la personnalité de Nabila.

 

Nabila a pris sa place dans la chaîne de transmission des résistantes algériennes : de Fatma N’Soumer aux

moudjahidate.

 

Source de l'article

APEL-ÉGALITÉ  famalgeriennes@hotmail.fr  

site : http://famalgeriennes.free.fr/         

bulletin n° 21

Publié dans Pensée

Commenter cet article